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Pourquoi ne faut-il pas toujours utilizer la VAN ou le TRI pour évaluer un projet d’investissement hospitalier?

Le Dimanche 1 juin 2014

Les projets de mise aux normes ou les projets liés à la sécurité doivent être réalisés car sans eux, l’établissement devrait fermer. Les valeurs de la VAN ou du TRI importent peu. Les ressources disponibles pour le financement doivent être consacrées en priorité à ces types d’investissement. D’ailleurs il ne s’agit que de charges reportées puisque l’établissement n’aurait pas dû fonctionner en n’étant pas conforme aux normes de sécurité.

Les projets d’amélioration de qualité des soins peuvent être adoptés avec une VAN négative ou un TRI très faible s’ils répondent à des norms réglementaires. Dans ce cas également, il ne s’agit que de charges reportées.

Les projets visant des gains de productivité sont par essence des projets pour lesquels la VAN ou le TRI doivent être positifs. Si un projet d’investissement visant un gain de productivité n’améliore pas les flux financiers de l’établissement, pourquoi l’entreprendre ?

Les projets d’accroissement de l’activité doivent également présenter une VAN ou un TRI positif.

Les projets des établissements soumis à concurrence doivent respecter les règles d’optimisation des allocations de ressources entre les concurrents.

Si un établissement public en concurrence avec un établissement privé, présente un projet, la VAN ou le TRI de ce dernier devront être positifs. Sinon le gestionnaire de l’établissement tout comme ses administrateurs ou financiers devront expliquer pourquoi ils attribuent des fonds à un projet dont le flux total sera négatif.

Les projets d’accroissement de capacité et de création de nouvelles offres de soin dans un contexte non concurrentiel peuvent se présenter dans deux contextes différents.

Si l’acheteur de soins a établis les prix de paiement des prestations en tenant compte des coûts de revient prévisionnels des prestations, les projets devront forcément présenter une Van ou un TRI satisfaisant pour être adapté.

Mais si ces calculs prévisionnels ne sont pas réalisés, le calcul d’un TRI ou d’une VAN ne servent à rien pour prendre une décision. Les recettes de l’établissement n’auront pas de sens économique. Le projet pourra être évalué à l’aune des méthodes d’analyse économiques de la santé publique.

Mais alors sur quels critères évaluer un investissement hospitalier ?

Dans un ouvrage collectif à venir, nous préconisons une méthode de choix successif avec des critères multiples.

Par contre le seul critère que devrait satisfaire l’établissement devra être la capacité à rembourser ses dettes. L’établissement doit pouvoir présenter un plan de financement prévisionnel sur les 5 ans et réaliser effectivement ce plan.

L’analyse en détail des projets est certes nécessaire mais elle ne remplace pas l’analyse de la capacité de l’établissement à rembourser ses dettes et à dégager des flux de liquidités pour financer ses futurs investissements. D’ailleurs dans le cas des établissements de soins, il faut étudier le programme d’investissement et non les seuls projets : l’hôpital n’est pas un portefeuille boursier.

C’est la capacité des établissements à offrir des soins nécessaires dans des conditions de sécurité et de qualité satisfaisante qui doit être utilisée pour évaluer un projet d’investissement. Un bon plan de financement sur 5 voire 12 ans suffira

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