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Flux financiers et soldes de gestion d’un établissement de santé

Le Dimanche 1 juin 2014

L‘approche par les flux de l’activité d’un établissement est de loin la plus riche en enseignements. L’importance des charges d’amortissements des actifs immobilisés la rend aussi pertinente que l’analyse du compte de résultat. Cet article nous permettra de comprendre les différents soldes qui permettent de la réaliser.

Il est facile de mesurer les flux liés aux opérations d’investissements ainsi que les flux liés aux opérations de financement car ils correspondent à des données comptables.

Par contre il est plus difficile de mesurer le flux de trésorerie lié aux activités. Il s’agit en effet de mesurer des flux en utilisant le compte d’exploitation d’une part et les comptes du besoin en fonds de roulement d’autre part.

Vous ne pouvez pas réfléchir correctement si vous ne comprenez pas la différence entre richesse et flux financier.

Ne vous laissez jamais impressionner par la complexité comptable car la seule complexité ne peut être que dans votre raisonnement: si vous avez les idées claires, le calcul sera instantané et aisée.

La richesse et les liquidités

Vous le savez bien: les gens riches n’ont souvent pas d’argent liquide sur eux.

La distinction entre richesse et liquidité est à la base du calcul des flux financiers.

Ce ne sont pas des considérations intellectuelles ou morales qui poussent à distinguer richesse et liquidité, ce sont les décalages entre encaissements et décaissements.

Les comptes de bilan sont assez simples à comprendre: il s’agit d’une vue patrimoniale de l’établissement figée à un instant donnée: au début et à la fin d’une période de temps.

Les comptes de résultat calculent pour des considérations fiscales ou budgétaires un résultat qui ne représente pas les flux financiers échangés:

· les amortissements ou les provisions ne correspondent pas à des charges décaissées ni à des flux de liquidité réels,

· les produits d’exploitation facturés sont connus mais le compte de résultat ne mentionne pas quand les produits ont été encaissés,

· le montant des charges est connu mais, pour celles qui ont été décaissées, il est impossible de savoir quand.

Or les flux de liquidité permettent de comprendre le passage d’un état patrimonial à un autre.

Il faut donc calculer ces flux.

Le calcul des flux de liquidité passe par deux distinctions:

· la distinction entre les activités vocationnelles et l’ensemble des activités d’un établissement.

· la distinction entre la richesse créée et les flux de liquidité.

Chaque établissement a une activité principale: soigner un certain type de pathologies, héberger les patients, les nourrir… Il s’agit de l’activité vocationnelle, qui correspond initialement à la volonté des

créateurs de l’établissement.

Préciser la vocation de l’établissement permet de bien cerner les contours des activités récurrentes pour votre analyse.

Les établissements ont souvent également des activités sans lien direct avec leur vocation:

· ils peuvent détenir des participations dans d’autres établissements,

· ils peuvent posséder des immeubles et encaisser des loyers,

· ils peuvent gagner des procès ou en perdre,

· ils peuvent être inondés (cela créée une charge exceptionnelle),

· ils peuvent être indemnisés (cela crée un produit exceptionnel).

L’utilité de cette distinction vous apparaîtra évidente plus tard:

· pour les prévisions, vous utiliserez l’activité vocationnelle,

· pour les analyses du passé, vous utiliserez toute l’activité, y compris l’exceptionnel et les activités hors vocation.

La notion de liquidité correspond au flux de liquidité de l’année: comment mesurer le flux net de liquidité créé ou consommé par l’établissement au cours de l’année ?

Il faudrait pour cela ne tenir compte que des flux encaissés et décaissés.

Le flux de liquidité s’oppose à la richesse créée ou détruite dans l’année.

La richesse créée ou détruite peut ne pas être encaissée ou décaissée au cours de l’année étudiée.

Elle peut s’encaisser ou se décaisser plus tard.

Par exemple, un établissement avec un Besoin en Fonds de Roulement positif de 90 jours devra attendre 90 jours à fin décembre de l’année pour encaisser la richesse qu’il aura créée. Le flux de liquidité d’une année peut être impacté par une richesse produits avant ou après l’année étudiée ou au cours de l’année étudiée.

Le tableau fondamental :

EXPLOITATION VOCATIONNELLE

OPERATIONS LIEES AUX ACTIVITES

Richesse

Excédent Brut d’Exploitation

Capacité d’Autofinancement

Trésorerie

Excédent Trésorerie d’Exploitation

Flux de trésorerie de l’ activité (Cash flow lies aux activités)

Ce tableau récapitule en les séparant de façon logique les 4 concepts fondamentaux du calcul de la richesse et des flux financiers.

La première distinction est celle entre l’activité vocationnelle et l’activité totale de l’établissement.

La seconde distinction est celle entre la richesse et le flux de liquidité net encaissé ou décaissé de l’établissement.

Muni de ces critères, vous pouvez calculer pour l’activité vocationnelle et pour l’activité totale de l’établissement:

· la richesse créée ou détruite d’une part,

· les flux de liquidités générés ou consommés d’autre part.

A chaque type de flux et de richesse correspondent des soldes de gestion:

· la richesse créée ou détruite par l’activité vocationnelle se mesure par l’Excédent Brut d’Exploitation,

· la richesse créée ou détruite par l’activité totale de l’établissement se mesure par la Capacité d’Autofinancement,

· le flux de liquidité créé ou détruit par l’activité vocationnelle de l’établissement se mesure par l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation,

· le flux financier créé ou détruit par l’établissement se mesure par le flux de trésorerie lié à l’activité (cash flow d’exploitation).

Ces concepts vous permettront de pouvoir répondre aux différentes questions qui se poseront lors de votre pratique professionnelle.

Le contenu des différents soldes :

Les encaissements et les décaissements permettent de distinguer la richesse des flux financiers:

· la richesse crée ou détruite pendant une période comporte la variation des produits et des charges encaissables et décaissables dans le futur (le Besoin en Fonds de Roulement).

· les flux financiers d’une période ne comportent que les flux d’encaissement et de décaissement réalisés au cours de la période considérée.

Il existe par ailleurs deux périmètres d’activité: les activités vocationnelles et l’ensemble des activités de l’établissement.

En réalité, la méthode de calcul de départ est simple et, en apprenant à passer d’un agrégat à l’autre, vous pourrez mémoriser le contenu de chaque flux.

L’Excédent Brut d’Exploitation se calcule en faisant la soustraction entre:

· les produits vocationnels encaissés et encaissables.

· les charges vocationnelles décaissées et décaissables.

L’Excédent Brut d’Exploitation comporte les charges et les produits liés à l’activité vocationnelle de l’établissement:

· il ne tient pas compte des amortissements ou des provisions (ce ne sont pas des charges décaissées ou encaissées),

· il ne tient pas compte des frais financiers et des éléments exceptionnels, (ce ne sont pas des charges vocationnelles),

· il ne tient pas compte des impôts sur les sociétés,

· il ne tient pas compte des autres activités non liées à l’activité vocationnelle (activités annexes).

L’Excédent Brut d’Exploitation, c’est le fruit du travail d’un établissement de soin simple sans activité annexe ou exceptionnelle.

Le flux financier de la période étudiée (l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation) se calcule par différence entre les produits encaissés et les charges décaissées de la période. Dans leurs prévisions de VAN ou de TRI on utilise ce flux car il est impossible de prévoir le flux non vocationnel.

Le calcul de la richesse créée ou détruite par tout l’établissement (la Capacité d’Autofinancement) se fait par différence entre tous les produits encaissable et encaissés d’une part et toutes les charges décaissables et décaissées de l’établissement d’autre part:

· il ne tient pas compte des provisions qui ne seront ni encaissées ni décaissées,

· il ne tient pas compte des amortissements qui ne sont ni des charges décaissables ni des charges décaissées.

C’est une capacité car elle comporte des richesses qui ne sont pas disponibles pour l’établissement à la fin de la période.

Néanmoins, cet indicateur est utilisé pour évaluer les performances d’un établissement.

Le flux de trésorerie lié à l’activité de la période étudiée se calcule en faisant la différence entre les produits encaissés et les charges décaissées.

Il ne tient pas compte des produits encaissables et des charges décaissables.

Pour connaître les flux encaissés et décaissés au cours de la période étudiée (l’année le plus souvent), il suffit de déduire la variation du Besoin en Fonds de Roulement de la Capacité d’Autofinancement.

Le calcul des soldes intermédiaires :

Chaque indicateur présente des particularités de calcul.

En réalité, la méthode de calcul de départ est simple et en apprenant à passer d’un agrégat à l’autre, vous pourrez mémoriser le contenu de chaque flux.

L’Excédent Brut d’Exploitation comporte les produits et les charges liées à la vocation de l’établissement.

Il ne comporte:

· aucun produit ou charge d’activité annexe,

· aucun produit ou frais financier,

· aucune charge ou produit exceptionnel,

· aucun impôt sur les sociétés.

L’Excédent Brut d’Exploitation mesure la richesse créée ou détruite par l’exploitation de l’activité vocationnelle de l’établissement.

Le passage de l’Excédent Brut d’Exploitation à la Capacité d’Autofinancement se fait par l’addition de trois éléments:

· les frais financiers, ce qui est étonnant car ils devraient être intégrés dans le flux de financement et non dans le flux d’exploitation,

· les charges et les produits exceptionnels, ce qui est normal car la Capacité d’Autofinancement concerne toute les activités de l’établissement,

· les impôts sur les sociétés, pour les établissements de santé privés, enfin.

Vous notez bien que la Capacité d’Autofinancement se construit en ajoutant à l’Excédent Brut d’Exploitation tous les éléments qui sont en dehors de l’activité relevant de la vocation de l’établissement.

Elle ne prend pas en compte les provisions ni les amortissements car ce sont des charges non décaissées et non décaissables.

Le calcul de l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation, c’est à dire du solde net des flux financiers réellement encaissés ou décaissés au cours de la période tiendra compte du Besoin en Fonds de Roulement.

Le Besoin en Fonds de Roulement représente à la fin de la période les sommes non encaissées et les sommes non décaissées.

Mais en début de période, il existait des créances à encaisser et des factures à payer.

La variation du Besoin en Fonds de Roulement permet de tenir compte des décalages sur la période d’encaissement et de décaissement liés au Besoin en Fonds de Roulement.

Déduire ce qui n’a pas été encaissé et ce qui n’a pas été décaissé de la richesse produite ou détruite permet de trouver exactement ce qui a été encaissé ou décaissé pendant l’année.

Pour connaître les flux encaissés et décaissés au cours de la période étudiée (l’année le plus souvent) avec un périmètre plus large, il suffit de déduire la variation du Besoin en Fonds de Roulement de la Capacité d’Autofinancement.

Il est difficile de passer de l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation au flux de trésorerie lié à l’activité.

Usage et histoire de l’Excédent Brute d’Exploitation :

L’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) représente le résultat économique de l’entreprise qui ne tient compte ni du financement de l’entreprise ni de sa politique d’amortissement et de provisions, ni des éléments exceptionnels de son activité.

L’EBE est le flux de richesse généré par l’activité vocationnelle de l’entreprise.

Quelle fut l’histoire de cet agrégat, quelles furent les critiques qu’il subit et à quoi sert-il aujourd’hui ?

L’Excédent Brut d’Exploitation a été développé dans les années 1970 pour pouvoir calculer le flux de trésorerie dégagé par l’exploitation.

Il est entré dans le plan comptable français en 1981 et a été consacré en 1990.

Son équivalent anglo-saxon (qui ne comporte pas la participation des salariés et l’intéressement des salariés), l’EBITDA est devenu le concept phare des années Internet.

L’EBITDA est devenu une norme en communication financière lorsque les entreprises ont multiplié dès 1990 les acquisitions financées par de la dette et surtout sans fondement économique tangible lors de la transaction.

Ces entreprises ont estimé que l’EBITDA donnait une image plus fiable de leur activité vocationnelle (opérationnelle).

Le résultat mesuré par l’EBITDA ne tient pas compte (a) du coût de la dette, (b) de l’amortissement de l’écart d’acquisition (goodwill) mis au bilan de la société acquéreuse, important lorsque une acquisition est payée plus cher que ses capitaux propres.

Lors de ventes ou d’achats de sociétés (cessions-acquisitions), la référence de prix utilisait comme méthode de valorisation d’une activité le multiple d’EBITDA.

Des princes du multiple d’EBITDA tels que Jean Marie Messier communiquèrent sur l’EBITDA pour masquer qu’ils ne faisaient pas de bénéfice net et encore moins de cash flow positif.

La folie de l’EBITDA mena tout droit au Krach d’avril 2000.

Que reste t il de l’Excédent Brut d’Exploitation ?

C’est un bon indicateur de la profitabilité vocationnelle d’un établissement.

Vous devez l’utiliser pour comprendre si l’activité vocationnelle est moins au profitable sans tenir compte du coût des murs ou des financements.

Mais si vous l’utilisez comme indicateur, n’oubliez pas qu’il ne tient pas compte des éléments suivants:

· la variation du Besoin en Fonds de Roulement,

· les besoins en investissement pour maintenir l’outil de production des soins,

· le remboursement des dettes, ce qui peut être important dans le cas des établissements de soin,

· les dividendes à verser pour un établissement à but lucratif.

Vie et usages de l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation :

L’Excèdent de Trésorerie d’Exploitation représente le flux de trésorerie créé par l’activité vocationnelle de l’établissement.

Sa définition est très précise:

· il ne comporte pas les flux financiers des activités exceptionnelles,

· il ne comporte pas les flux financiers du solde des produits et des charges financières,

· il ne tient pas compte des impôts sur les bénéfices.

Il n’est dépendant que des flux de trésorerie:

· indépendant de la politique de provision et d’amortissement,

· indépendant de la méthode d’évaluation des stocks,

· indépendant des techniques d’étalement des charges sur plusieurs années,

Par contre, il est dépendant du classement entre charges d’exploitation et charges d’investissement.

L’Excédent de Trésorerie d’Exploitation est un concept progressivement développé en France dans les années 1980 pour pouvoir calculer la capacité des entreprises à dégager des liquidités une fois pris en compte l’accroissement du Besoin en Fonds de Roulement.

Cette époque se caractérisait par une inflation assez élevée et le Besoin en Fonds de Roulement augmentait allègrement.

Pour peu que la profitabilité de l’entreprise ne soit pas suffisante, une partie du flux de trésorerie pouvait être absorbée par l’accroissement du Besoin en Fonds de Roulement.

L’Excédent de Trésorerie d’Exploitation permet de comprendre comment l’entreprise génère des liquidités après avoir financé son Besoin en Fonds de Roulement.

Ne pas tenir compte des produits et charges exceptionnelles ainsi que des produits et charges financiers permet de mesurer le flux de trésorerie de l’activité vocationnelle de l’entreprise.

Aujourd’hui l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation sert à évaluer les investissements et à évaluer la capacité de remboursement d’un établissement.

Le fait de pouvoir prévoir le flux de trésorerie de l’activité vocationnelle permet de construire des plans d’investissement de bonne qualité.

Mais l’agrégat le plus utilisé actuellement est le free cash flow.

L’Excédent de Trésorerie d’Exploitation est beaucoup plus sensible que l’Excédent Brut d’Exploitation ou la Capacité d’Autofinancement aux variations du chiffre d’affaires.

L’intérêt de l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation réside dans l’appréciation de la situation économique et financière de l’établissement.

C’est un bon indice d’anticipation de l’évolution de la Capacité d’Autofinancement et du Cash Flow d’exploitation car il montre comment le flux généré par l’établissement se comporte quand l’activité augmente, l’ETE évoluant plus rapidement et dans le même sens que la Capacité d’Autofinancement.

Gloires et Misères de la Capacité d’Autofinancement :

La Capacité d’Autofinancement est le flux potentiel de trésorerie dégagé par l’ensemble de l’activité normale de l’établisseement.

La Capacité d’Autofinancement n’est pas un flux de trésorerie (cash flow) car elle ne mesure pas les encaissements et les décaissements réalisés au cours de la période.

Le flux de trésorerie devra être calculé ultérieurement.

La Capacité d’Autofinancement est un agrégat plutôt français (en anglais: cash earnings) qui a été développé dans les années 1945 pour pouvoir mesurer le risque lié au prêt à une entreprise.

A quoi servait-il, comment a t il évolué et quelle utilisations nous pouvons nous en faire aujourd’hui ?

La Capacité d’Autofinancement mesurait la capacité de financement des investissements par l’établissement.

Elle exprimait alors la capacité de l’entreprise à financer ses investissements aux cotés de ses actionnaires et de ses banquiers.

Dans le cas d’un établissement de soin, la seule source réelle de richesse est l’exploitation de l’établissement, car si les banquiers et les actionnaires apportent des fonds, ils ne créent pas de richesse.

La rémunération de leur prise de risque constitue une richesse pour les banquiers et elle conditionne le développement de l’établissement. Mais seule une Capacité d’Autofinancement suffisante permettra de rembourser les dettes financières et de rémunérer actionnaires et prêteurs.

La Capacité d’Autofinancement devait être la partie de financement de l’investissement générée par l’entreprise.

Puis, les professionnels ont découvert que l’accroissement du Besoin en Fonds de Roulement pouvait diminuer la trésorerie réellement disponible pour financer des investissements.

Le principal problème a été ensuite la signification de la Capacité d’Autofinancement: l’autofinancement se calcule après rémunération des banquiers (les frais financiers sont déduits) mais avant rémunération des actionnaires.

Or les actionnaires ont pris des risques et ont droit à une rémunération au même titre que les banquiers: cet aspect du concept d’Autofinancement montre que c’est vraiment un agrégat de banquier pour lequel la dette est obligatoire.

Or un actionnaire peut décider de ne pas emprunter et accroîtra alors sa Capacité d’Autofinancement sans que cela ne change fondamentalement la capacité de création de richesse de l’établissement

par son activité vocationnelle.

La Capacité d’Autofinancement est progressivement devenue la capacité de l’établissement:

· à rembourser ses dettes,

· à assurer le besoin en auto financement de ses investissements,

· à financer l’accroissement (fréquent en ces temps d’inflation et de croissance) du Besoin en Fonds de Roulement,

· à assurer la rémunération de ses actionnaires.

Mais le principal reproche fait à l’autofinancement reste le fait qu’il soit manipulable.

La Capacité d’Autofinancement dépend en effet de choix comptables. Par exemple, la valorisation des stocks dépend des différents options et peut être adaptée en fonction des circonstances, mais pour les établissements de soins, cela ne joue pas un rôle déterminant car les stocks sont constitués de médicaments ou de nourriture dont les valeurs au bilan sont leurs prix d’achat.

Pour conclure, cet agrégat n’a pas été remplacé:

· il a vu son rôle progressivement modifié,

· il a été complété par des concepts tels que l’Excédent Brut d’Exploitation ou l’Excédent de Trésorerie d’Exploitation ou le cash flow.

Pour les gestionnaires d’établissement de soins, cet agrégat reste important car il vous permet surtout de mesurer l’évolution de l’exploitation vocationnelle.

La gloire de ses pairs : le flux de trésorerie lié aux activités :

L’authentique cash flow lié aux activités (operating activities cash flow) se distingue de la Capacité d’Autofinancement en ce qu’il ne comporte pas les éléments propres au Besoin en Fonds de Roulement:

· il ne comporte aucun produit à encaisser,

· il ne comporte aucune charge à décaisser.

Il se calcule assez facilement en soustrayant la variation du Besoin en Fonds de Roulement de la Capacité d’Autofinancement ou en partant de l’Excédent Brut d’Exploitation.

Pourquoi ce concept a-t-il eu tant de succès et à quoi sert-il ?

La naissance du cash flow est liée entre autre à celui du tableau de flux de trésorerie (qui serait plus objectif que le tableau Emplois/Ressources).

La question principale posée est celle de la contribution de l’activité au financement de l’établissement:

· l’activité est elle capable de faire face aux besoins en financement ?

· les flux dégagés par l’activité sont ils positifs, en croissance ou stables ?

Ces questions élémentaires s’imposent aux analystes des comptes mais en tant que telles ne permettent pas de pousser loin l’analyse.

La capacité à rembourser les dettes financières est également mesurée par le cash flow lié aux activités puisque la variation de Besoin en Fonds de roulement n’intervient plus.

Le cash flow lié aux activités sert :

· à rembourser les dettes,

· à autofinancer les investissements,

· à rémunérer les actionnaires.

En tant qu’agrégat, le flux de trésorerie lié aux activités constitue un progrès par rapport à la Capacité d’Autofinancement.

Mais il ne faut pas pour autant ignorer que vous devez l’utiliser avec prudence:

les éléments non liés à l’activité vocationnelle (l’exceptionnel et le financier) doivent être bien identifiés car ils peuvent fausser le raisonnement, dans le secteur de la santé, les investissements ne sont pas des options mais bien souvent des investissements obligatoires pour pouvoir continuer l’activité.

Enfin, un montant de flux de liquidités lié aux activités, présenté isolément ne donne aucune information.

Il est nécessaire de le replacer dans le tableau de flux de trésorerie pour pouvoir comprendre son rôle.

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