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Développement de l’ambulatoire : premiers résultats et facteurs clés de succès

Le Dimanche 1 juin 2014

Éditorial Finances Hospitalières Juin 2014 : Développement de l’ambulatoire : premiers résultats et facteurs clés de succès

Le Ministère de la Santé s’est engagé dans le développement de l’ambulatoire. Ce mouvement fort médiatisé s’est effectué sous les applaudissements de médecins militant depuis longtemps en faveur de cette forme d’hospitalisation. Elle a été encouragée par la Cour des Comptes qui y voit 5 milliards d’économies potentielles.

Pourquoi une telle conversion alors que le secteur privé (Espic et privé à but lucratif) avait déjà développé cette activité depuis au moins une décennie? La recherche d’économie parait être le primum movens, l’amélioration de la qualité et la sécurité des soins l’a renforcé.

Qu’a-t-on pu souvent observer dans les établissements de soin qui ont, à juste titre, développé rapidement l’ambulatoire ?

- les recettes ont diminué car les chambres particulières ne sont pas possibles en ambulatoire, et diminution de recettes liées aux GHS car c’est uniquement cette année que la tarification et la fin des bornes basses ont créé une recette identique pour des GHS comparables.

- Les charges n’ont pas vraiment diminué, en tout cas lors des premières années. Les fermetures de lits rendues possibles par la diminution de la durée moyenne d’hospitalisation n’ont pas toujours été suivies de la réduction des effectifs nécessaires. Le coût de fonctionnement du bloc a été légèrement augmenté par une programmation plus stricte. L’activité ambulatoire nécessite des capacités d’exploration et de traitement plus importantes car les délais de traitement sont plus courts. Et cette augmentation finit par accroitre les coûts.

- Pour pouvoir gérer de façon optimale les flux de patient, de nouveaux équipements et de nouvelles installations ont été acquis.

Pour faire simple, le développement de l’ambulatoire nécessite d’abord de décaisser avant de réaliser des économies.

Faire basculer une partie significative de l’activité vers l’ambulatoire suppose la transformation du parcours du patient et de sa prise en charge. Un secteur ambulatoire d’une taille significative crée quasiment un second établissement dans l’hôpital. L’absence de programme de transformation provoque toujours des troubles de l’organisation, une diminution de la satisfaction des patients et in fine des pertes d’exploitation.

Le développement de l’activité ambulatoire peut se réaliser en transformant des activités existantes, ce qui est le plus rapide, mais également en prenant des parts de marché sur ses concurrents. Quand les concurrents ont capté toutes les parts de marché disponibles, les gains de part de marchés sont tardifs et coûteux.

Enfin, les médecins doivent accepter de nouvelles pratiques, le personnel soignant doit se réorganiser, ce qui peut demander un temps certain.

En conclusion, le développement significatif de l’ambulatoire demandera quelques années.

Il est donc évident que le Ministère de la Santé qui souhaite des économies d’exploitation, ne saurait avoir omis le financement des investissements nécessaires. Il fournira également le cadre organisationnel des départs

nécessaires sans se contenter « d’incitatifs tarifaires » qui sont loin de couvrir les coûts additionnels.

Les retours d’expérience qui viendront renforcer ces décisions macroéconomiques montreront que la transformation des établissements de soin est un excellent investissement qui peut porter ses fruits en quatre voire trois années.

Dr Alain Sommer

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